Contrats de partenariat

Mudarabah

مضاربة

Un partenariat de partage des profits où une partie fournit le capital et l'autre l'expertise et le travail — les profits sont répartis par accord, tandis que les pertes financières incombent à l'investisseur.

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Qu'est-ce que la Mudarabah ?

La Mudarabah (arabe : مضاربة) est un partenariat de partage des profits entre deux parties : l'une fournit le capital (le rabb al-mal, ou investisseur) et l'autre fournit l'expertise, la gestion et le travail (le mudarib, ou entrepreneur). Les profits sont partagés selon un ratio convenu à l'avance, tandis que les pertes financières sont supportées par le seul apporteur de capital — le gestionnaire, lui, perd la valeur de son effort non rémunéré.

Le terme dérive de l'idée arabe de « parcourir la terre » à la recherche de commerce et de profit. La mudarabah est l'une des structures fondamentales de partage des risques que la finance islamique promeut comme alternative au prêt à intérêt, car les rendements des deux parties dépendent du succès réel de l'entreprise.

Comment profit et perte sont partagés

Dès le départ, les partenaires conviennent de la répartition des profits — par exemple 60/40 ou 70/30. Crucialement, la répartition doit être une proportion du profit réel, jamais un montant fixe ni un rendement garanti sur le capital, ce qui en ferait de la Riba.

Si l'entreprise subit une perte sans faute du gestionnaire, l'apporteur de capital supporte la perte financière tandis que le gestionnaire perd la valeur de son effort non rémunéré. Si la perte est causée par la négligence ou la faute du gestionnaire, celui-ci en devient responsable. Ce partage asymétrique des risques est la caractéristique déterminante de la mudarabah.

Deux types de mudarabah

Les savants distinguent deux formes principales selon le degré de liberté du gestionnaire :

  • Mudarabah al-muqayyadah (restreinte)l'investisseur précise comment, où, ou dans quoi le capital peut être investi.
  • Mudarabah al-mutlaqah (non restreinte)le gestionnaire dispose d'une large latitude pour investir le capital comme il l'entend dans les limites de la Charia.

Où la mudarabah est utilisée

La mudarabah sous-tend de nombreux produits modernes de finance islamique :

  • Comptes islamiques d'épargne et d'investissementla banque agit comme gestionnaire, investissant les fonds des déposants et partageant le profit.
  • Gestion de fondsles investisseurs fournissent le capital et un gestionnaire de fonds l'investit en échange d'une part du profit.
  • Sukukcertains sukuk sont structurés sur une base de mudarabah.
  • Financement d'entreprises et de projetsfinancer des entrepreneurs qui ont des compétences mais manquent de capital.

La mudarabah est souvent comparée à la musharakah, où tous les partenaires apportent du capital ; dans la mudarabah, une seule partie fournit l'argent.

Idées reçues courantes

  • « Ma part de profit est garantie. » Ce n'est pas le cas. Seul le ratio est fixé, non le montant. S'il n'y a pas de profit, il n'y a rien à partager — un rendement garanti la transformerait en Riba.
  • « L'investisseur ne perd jamais. » C'est l'inverse : dans une véritable mudarabah, l'apporteur de capital supporte la perte financière si l'entreprise échoue (en l'absence de négligence du gestionnaire). C'est ce risque qui rend le profit licite.
  • « C'est la même chose que prêter à intérêt. » L'intérêt garantit au prêteur un rendement quel que soit le résultat. La mudarabah lie le rendement — et le risque — de l'investisseur à la performance réelle de l'entreprise.

Ce que cela signifie pour vous

Si vous détenez un compte islamique d'épargne ou d'investissement, il est souvent structuré en mudarabah : vous êtes l'investisseur et la banque est le gestionnaire. Vos rendements sont une part de profits réels, non un taux d'intérêt garanti — ce qui signifie qu'ils peuvent varier et, en principe, que le capital est exposé au risque.

Lorsque vous choisissez un produit fondé sur la mudarabah, examinez le ratio de partage des profits, la manière dont les profits sont calculés, et ce qui se passe en cas de perte. Un produit promettant un « profit » fixe et garanti quelle que soit la performance est un signal d'alerte qu'il pourrait ne pas s'agir d'une véritable mudarabah.

Cette page est éducative. Pour des jugements contraignants sur des situations spécifiques, consultez un savant islamique certifié.

Questions fréquentes sur Mudarabah

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