Gharar
غررIncertitude ou ambiguïté excessive dans un contrat — comme vendre quelque chose qui pourrait ne pas exister ou dont les termes sont indéfinis — qui invalide une transaction en finance islamique.
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Qu'est-ce que le Gharar ?
Le Gharar (arabe : غرر) désigne une incertitude, une ambiguïté ou un risque excessif dans un contrat. Il fait référence au fait de vendre ou de convenir de quelque chose dont l'existence, la quantité, la qualité ou la livraison est inconnue ou mal définie — par exemple, vendre du poisson encore dans la mer ou une récolte qui n'est pas encore formée. Les contrats entachés de gharar majeur sont invalides en finance islamique, car l'une ou les deux parties ne peuvent réellement savoir ce à quoi elles consentent.
Le mot dérive d'une racine évoquant la tromperie, le danger, ou le fait d'être entraîné dans l'inconnu. Aux côtés de la Riba, le gharar est l'une des deux principales interdictions qui façonnent les contrats conformes à la Charia.
Pourquoi le gharar est interdit
Le Prophète Muhammad ﷺ a interdit les transactions impliquant du gharar, telles que la vente d'un animal non encore né ou de marchandises que le vendeur ne possède pas. L'objectif est de prévenir les litiges, l'exploitation, et le fait qu'une partie supporte à son insu un risque qu'elle n'a jamais accepté.
Toute incertitude n'est pas interdite. Les savants distinguent le gharar fahish (incertitude excessive, invalidant le contrat) du gharar yasir (incertitude mineure et tolérable, inévitable dans les transactions quotidiennes). Seul le gharar excessif invalide un contrat.
Deux degrés de gharar
Le fiqh classique sépare l'incertitude en deux degrés :
- Gharar fahish — Incertitude excessive qui domine le contrat — l'objet, le prix ou la livraison est fondamentalement inconnu. Cela invalide la transaction.
- Gharar yasir — Incertitude mineure et inévitable qui n'affecte pas matériellement le contrat — généralement tolérée, puisqu'aucune transaction réelle n'en est totalement exempte.
Formes modernes de gharar
L'incertitude excessive apparaît dans plusieurs instruments contemporains :
- Assurance conventionnelle — l'assuré paie des primes pour une indemnisation incertaine qui peut ne jamais venir — une raison majeure pour laquelle les savants ont développé le takaful comme alternative.
- Produits dérivés spéculatifs — options et contrats à terme utilisés uniquement pour spéculer sur le prix, sans véritable échange d'un actif sous-jacent.
- Jeux de hasard et paris — le résultat et le gain sont entièrement incertains (également maisir).
- Vendre ce que l'on ne possède pas — vente à découvert et certaines structures forex où la livraison est incertaine.
- Contrats ambigus — accords où le prix, la quantité ou la date de livraison sont laissés indéfinis.
Les alternatives conformes à la Charia réduisent le gharar en exigeant des termes clairs, des actifs réels et une livraison définie — par exemple, le takaful remplace l'assurance conventionnelle par un modèle coopératif de partage des risques.
Idées reçues courantes
- « Tout risque est gharar. » Non. La finance islamique permet et encourage même le risque commercial — le profit s'obtient en supportant un véritable risque d'entreprise. Le gharar fait référence à une incertitude évitable concernant le contrat lui-même, non au risque normal des affaires.
- « Toute incertitude annule un contrat. » Seule l'incertitude excessive (fahish) le fait. L'incertitude mineure et inévitable (yasir) est tolérée ; sinon, presque aucune transaction ne pourrait avoir lieu.
- « L'assurance est haram à cause du gharar seul. » L'assurance conventionnelle est remise en question pour le gharar et la Riba (dans la manière dont les primes sont investies). Le takaful répond aux deux par une structure coopérative fondée sur le don.
Ce que cela signifie pour vous
Lorsque vous évaluez si un produit financier est halal, le gharar est l'une des premières choses à vérifier : l'actif, le prix et les termes sont-ils clairement définis, ou pariez-vous en réalité sur un résultat inconnu ? Les produits fondés sur la spéculation autour d'événements incertains tendent à soulever des préoccupations de gharar.
C'est pourquoi les savants privilégient les alternatives à l'assurance comme le takaful, les instruments adossés à des actifs, et les contrats aux termes clairement spécifiés. Si vous ne pouvez pas répondre clairement à « qu'est-ce que j'achète exactement, et à quelles conditions ? », la transaction peut comporter un gharar excessif.
Cette page est éducative. Pour des jugements contraignants sur des situations spécifiques, consultez un savant islamique certifié.
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